À la UneEssais auto

Essai de la Ford Mustang GT : à la conquête de l’est

Photo essai Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

Cela faisait plusieurs décennies que la Ford Mustang nous passait sous le nez en Europe. Quand en 2012, Allan Mullaly et Stephen Odell, présidents de Ford et Ford Europe annoncent l’arrivée de la sixième génération, c’était bien entendu l’effervescence pour tous les fans de ce modèle mythique. Sous le capot, on s’attendait bien évidemment à une motorisation en adéquation avec les réglementations environnementales, et, pour entretenir la passion, peut-être une version V6. Et bien Ford a fait mieux. Proposer non pas un V6 au catalogue, mais bien un gros V8 de 5.0 litres de cylindrées, à l’américaine.

Depuis le mois de juillet, et l’ouverture des commandes en Europe, plus de 10.000 Ford Mustang ont été commandées, dont un peu plus de 1.000 en France. 53% d’entre elles sont des versions GT, et 47% des versions EcoBoost. Les clients français semblent privilégier les sensations, puisque 67% des acquisitions se font en boite mécanique, contre 33% en boite automatique. La version Coupé Fastback représente la majorité des ventes, avec 79% des commandes, contre 21% pour notre version d’essai Convertible. Un succès qui va faire regretter aux dirigeants de l’ovale bleu de ne pas avoir importé les précédentes générations sur le Vieux Continent.

C’est donc la première fois que nous passons derrière le volant d’une Ford Mustang, un mythe américain au capital sympathie certain, même dans l’Hexagone. Nombreux ont été les passants interpellés par cette sixième génération, curieux de voir arriver sur nos terres le rêve de gosse de beaucoup de passionnés d’automobile.

Essai Ford Mustang GT : premières impressions

Photo 3/4 arrière Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

Esthétiquement, la sixième génération ne fait pas dans la dentelle et affirme bel et bien son agressivité. Les lignes sont tendues, sans être trop brutales. Elle est large, longue et le regard est incisif. En bref, elle est dans la continuité de la cinquième génération : visuellement plus sportive. Le modèle Fastback est peut-être le plus spectaculaire, avec ce toit plongeant, contrairement à la version Convertible, où la capote en toile vient rompre cette singularité.

Les critiques ne se sont pourtant pas fait attendre lors de la révélation de la voiture, qualifiée durement comme ressemblant à une « simple Ford Mondeo Coupé ». Les images ne reflètent pourtant pas vraiment la réalité. Sa face avant, façon nez de requin est parfaitement assumée et le style est globalement plus expressif que les générations précédentes.

Les badges 5.0, présents sur les flancs annoncent la couleur, comme le logo GT incorporé au niveau de la poupe, distinguant les versions quatre-cylindres des versions V8. Ford propose un nuancier intéressant, avec en tête de liste le « Rouge Racing », qui représente à lui seul 28% des commandes.

Essai Ford Mustang GT : vie à bord

Photo intérieur Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

Il est important de noter la véritable montée en gamme de cette sixième génération de Ford Mustang. Fini les plastiques durs mal assemblés, semblables à ceux d’un utilitaire d’entrée de gamme, place désormais à un bon rapport qualité/prix. Bien entendu à ce tarif (à partir de 37.500 € hors malus), ne vous attendez pas une finition digne des standards allemands, mais globalement le contrat est rempli et devrait largement correspondre à la clientèle européenne. Dans tous les cas, l’intérieur est rarement le premier motif d’achat d’une Ford Mustang.
Nous regrettons simplement la qualité du cuir de notre version d’essai. Un cuir grainé de meilleur qualité est cependant disponible, tout comme des sièges sport Recaro.

La nouvelle Ford Mustang intègre l’excellent système à commandes vocales SYNC2, déjà présent sur de nombreux autres modèles. Pour la somme de 2.500 €, au lieu des 1.200 € pour la navigation seule, optez plutôt pour le Pack Premium, comprenant les indispensables radars de recul, les jantes 19 pouces finition aluminium ou encore le système audio Shaker Pro, incorporant 12 haut-parleurs, dont un caisson de basse dans le coffre.

Entre les compteurs, Ford intègre un petit écran permettant de retranscrire les données relatives à l’accélération, à l’usage des freins et aux performances de la voiture. Autre gadget plutôt sympathique : les commandes façon aviation « toggle switches », regroupant les fonctions liées au comportement de la voiture (Normal, Sport+, Track ou Neige/Pluie), à la consistance de la direction ou encore à l’activation ou non de l’ESP, sachant qu’il se déconnecte partiellement lors de la mise en mode piste.

Essai Ford Mustang GT : sous le capot

Photo moteur 5.0 V8 421 ch Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

Baptisé « Coyote », ce nouveau bloc huit-cylindres de 5.0 litres de cylindrée, tout en aluminium ne dépayse pas du tout les aficionados de grosses américaines. A froid, au démarrage, le V8 vous explose littéralement aux oreilles mais devient plus civilisé une fois monté en température. En route, il vous faudra passer le cap des 4.000 tr/min avant de faire rugir l’échappement et interpeller les passants.

Dans la pure tradition américaine, ce V8 glougloute à souhait, vilebrequin en croix oblige. Ici point d’injections directes, mais indirectes multipoints et forcément, cela se ressent au niveau des rejets et de la consommation. Cependant, même avec 8.000 € de malus écologique, la Ford Mustang GT reste une bonne affaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne triche pas avec les consommations annoncées. Sur autoroute, j’ai réussi à maintenir une moyenne autour de 11,5 l/100 km, une donnée tout à fait honorable pour un bloc 5.0 litres V8. En ville cependant, impossible de descendre sous les 20 l/100 km, mais qu’importe.

L’arrivée sur le sol européen a toutefois impliqué quelques modifications. Pas de conception à quatre soupapes par cylindres, comme à l’habitude sur les gros moteurs américains. Il n’y a, fort heureusement aucun impact sur les performances de la voiture, avec un 0 à 100 km/h abattu en 4,8 secondes. Dotée de 441 chevaux outre-atlantique, la Ford Mustang GT a perdu 20 équidés sur le bateau et 12 Nm de couple. Etonnant, surtout quand on connaît les normes environnementales américaines, paradoxalement plus strictes qu’en Europe.

Disponible en boite automatique et en boite mécanique, nous avons choisi cette dernière afin de réaliser notre essai. Il s’agit d’une boite manuelle six rapports Getrag, au guidage absolument parfait et au débattement très court, favorable à une conduite soutenue. Pour 2.000 € de plus vous pouvez choisir la boite automatique, mais, moins rapide, elle n’offre pas l’agrément d’une ZF par exemple.

Essai Ford Mustang GT : sur la route

Photo essai Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

En s’installant à son bord, les premières impressions sont pour le moins déconcertantes. Le long capot abritant le V8 paraît interminable, et les premiers tours de roues nécessitent la plus grande vigilance. C’est notamment le cas lors des manœuvres, la Mustang étant équipée de radars de recul et d’une caméra, mais malheureusement d’aucune aide à l’avant. La position de conduite est parfaite, ni trop haute ni trop basse.
La direction semble un peu trop souple, surtout dans les premiers virages, où le train avant est assez compliqué à placer. Mais finalement, et grâce à la commande permettant de gérer le type de direction, on y trouve quand même son compte en mode Sport.

A l’avant, on retrouve de simples suspensions de type MacPherson à pivot virtuel. Convenable, sans plus, mais c’est à l’arrière que cela devient intéressant. En effet, les versions européennes de la nouvelle Ford Mustang sont équipées du Pack Performance, qui implique d’emblée des barres anti-roulis majorées, et surtout un différentiel à glissement limité. Elle dit donc adieu à l’essieu rigide, et, à ma grande surprise s’avère beaucoup moins joueuse que j’aurais pu l’imaginer. Sur le sec la Mustang GT paraît presque saine, même à allure soutenue, et l’arrière ne décroche pas brutalement, même en mode Track. L’ESP n’est d’ailleurs pas totalement désactivé sur ce mode, et bride assez considérablement encore le survirage. Fort heureusement, quand on arrive à prendre le dessus il nous reste encore une marge avant d’atteindre la limite.

J’ai toutefois été assez étonné par son confort, qui lui fait perdre quelque peu son tempérament de GT. En hausse d’une quarantaine de kilos par rapport à la cinquième génération de Mustang, elle bénéficie d’un amortissement spécifiquement travaillé afin de limiter cette surcharge pondérale. Malgré cela, nous nous retrouvons malheureusement avec une voiture au comportement routier parfois pompeux, assez feignante à bas régime. Elle n’est pas au final destinée à aller tailler de la piste, mais plutôt à se contenter de faire rugir le V8 sur les routes de bord de mer, coude à la portière.

Au niveau du freinage, nous retrouvons les freins du Pack Performance, c’est à dire des étriers à six pistons très puissants, permettant de placer sereinement la voiture en courbe. Attention cependant à la course de la pédale, un poil trop courte et à l’endurance du freinage un peu limite.

Essai Ford Mustang GT : en bref

Photo essai Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

Concrètement, on ne va pas faire la fine bouche, la Ford Mustang de sixième génération arrive en Europe avec, qui plus est, un excellent moteur 5.0 litres V8, qui constituera une bonne moitié des ventes, malgré les normes environnementales. Stylistiquement parlant, elle s’inscrit pleinement dans la lignée du label Mustang, puisqu’elle possède un réel capital sympathie, que l’on a pu constater durant tout notre week-end d’essai.

Même si elle n’est pas une pistarde pure et dure du fait de son importante surcharge pondérale, elle reste toutefois plus légère qu’une Camaro, par exemple, et ne bride en aucun cas le plaisir de ses utilisateurs. Les plus téméraires, et adeptes de track days y verront une voiture un peu trop aseptisée, surtout pour une américaine, mais globalement le contrat est rempli : cette nouvelle Ford Mustang de sixième génération est bien une muscle-car… deux fois moins cher que ses concurrentes, le mythe en plus.

Essai Ford Mustang GT Convertible BVM6 : Fiche Technique

Photo volant cuir Ford Mustang GT Convertible V8 (2016)

  • Moteur : longitudinal avant, Ti-VCT huit-cylindres en V, 4.951 cm3, 32 soupapes, double distribution indépendante à calage variable
  • Alimentation : injection indirecte multipoint
  • Puissance : 421 ch DIN (310 kW) à 6.500 tr/min
  • Ratios : 85 ch/L (63 kW/L) – 106 Nm/L
  • Puissance fiscale : 33 CV
  • Couple moteur : 524 Nm à 4.250 tr/min
  • 0 à 100 km/h : 4,8 secondes
  • 0 à 200 km/h : 18,5 secondes
  • Vitesse maxi : 250 km/h
  • 80 à 120 km/h : 2,9 secondes
  • 400 mètres départ-arrêté : 13,3 secondes
  • 1.000 mètres départ-arrêté : 23,8 secondes
  • Transmission : propulsion + autobloquant
  • Boite de vitesses : manuelle à six rapports
  • Pneus : 255/40 R19 AV – 275/40 R19 AR
  • Freins AV : disques ventilés (380 mm), étriers fixes six pistons
  • Freins AR : disques ventilés (330 mm), étriers flottants mono piston
  • 130 à 0 km/h : 60,8 mètres
  • Suspensions avant : type MacPherson
  • Suspensions arrière : multibras
  • Longueur : 4.780 mm
  • Largeur : 1.980 mm
  • Hauteur : 1.380 mm
  • Empattement : 2.720 mm
  • Diamètre de braquage : 12,1 mètres
  • Volume de coffre : 332 litres VDA
  • Poids à vide : 1.720 kg
  • Rapport Poids/Puissance : 4.4 kg/ch – 229 ch/T – 169 kW/T
  • Rapport Couple/Poids : 286 Nm/T
  • Consommation Urbaine : 20,1 l/100km
  • Consommation Extra-Urbaine : 9,8 l/100km
  • Consommation Mixte : 13,6 l/100km
  • Capacité Réservoir : 61 litres
  • Emissions de CO2 : 299 g/km (Malus : + 8.000 €)
  • Année de lancement : 2015
  • Prix de base : 46.500 €
  • Prix du modèle essayé : 50.100 €

Équipements du modèle essayé – Ford Mustang GT Convertible BVM6 :

  • Alarme périmétrique et volumétrique (400 €)
  • Pack Premium (2.500 €)
  • Peinture métallisée « Gris Magnetic » (700 €)

Photos : essai de la Ford Mustang GT Convertible

Remerciements chaleureux à toutes les équipes de Ford France, pour leur confiance et le prêt de la Ford Mustang GT Convertible !

Tags

Yann Lethuillier

Mange du pneu, boit de l'essence et dort sur l’asphalte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer