A l’occasion d’un Road Trip dans l’arrière pays Normand, nous avons eu l’occasion de nous familiariser un peu plus avec l’une des plus belles voitures au monde, la Citroën DS.
Quand on parle de la Citroën DS il est toujours nécéssaire de faire un bref rappel historique concernant cette légende automobile française.
Présentée pour la première fois au grand public à l’occasion du Salon de l’Automobile de Paris en 1955, les ingénieurs et les designers de chez Citroën ne savent pas encore qu’ils viennent sûrement de créer l’une des meilleures voitures au monde pour l’époque.
Ses lignes harmonieuses encore inédites révolutionnaient déjà les standards et ont sans doute bouleversé et inspiré de nouvelles automobiles par la suite.
Dessinée par le sculpteur italien Flaminio Bertoni en collaboration avec André Lefebvre, ingénieur aéronautique connu et reconnu, la DS fut révolutionnaire par bien des aspects.
L’aspect esthétique d’une part. Son long capot si imposant a accueilli pendant vingt années plusieurs types de motorisations (1.911, 1.985, 2.175 et 2.347 cm3) toutes issues du quatre-cylindres en ligne. Jamais il n’a été question d’accueillir le six-cylindres en ligne de la 15 sous le long capot de la Citroën DS.
Outre son design hors du temps, la véritable révolution se trouve dans les entrailles mécaniques de la voiture. La première chose que l’on remarque en pénétrant à bord de son habitacle c’est le confort absolument indescriptible et aujourd’hui toujours inégalé. Non, même Rolls-Royce peine à égaler le confort inimitable de la Citroën DS (on retrouve ce type de suspension montée de façon assez marginale sur l’essieu arrière de la Silver Shadow notamment).
Un confort notamment dû aux suspensions hydropneumatiques spécifiques à Citroën qui va malheureusement disparaître après son ultime évolution baptisée Hydractive III+ sur Citroën C5 qui ne sera, à priori, pas renouvelé sur les futurs modèles de la marque. Peut-être que ce type de prestation sera désormais réservée à DS Automobiles, nouvelle marque premium du groupe PSA Peugeot Citroën, qui tire sa genèse des codes inculqués par la Citroën DS de l’époque.
Direction assistée, boîte de vitesses à commande hydraulique, freins à disque à l’avant, pivot de direction dans l’axe et, à partir des années 1968-1969, phares pivotants et introduction de l’électronique (moteur à injection) sont autant de nouvelles technologies révolutionnant le monde de l’automobile à l’époque. Sur le tachymètre des modèles dotés du dernier tableau de bord seront également rappelées les distances de freinage associées aux principales vitesses sur route.
La DS a été durant toute sa carrière une voiture ayant servi également de vitrine au savoir-faire industriel français.
« Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous : un jour je ne manquerai pas de mourir » avait dit le Général De Gaulle lors de sa conférence de presse du 4 février 1965.
Des paroles, qui, trois ans plus tôt, n’auraient peut-être jamais été dites après l’attentat du Petit-Clamart où la Citroën DS 19 du Général a été criblée d’une dizaine d’impacts de balles. Pneus crevés, vitres brisées, carrosserie trouée… Et le Général dans tout ça ?
« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? »
Ca avait l’air d’aller.